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Transparence et redevabilité, deux maîtres-mots

Transparence et redevabilité, deux maîtres-mots

Entretien avec Marie Lintzer, Analyste de politique de gouvernance à Rvenue Watch Institute (RWI)

Quand on traite des richesses naturelles, c’est comme si on traite d’une malédiction. Pourquoi toute cette position négative ?

Souvent quand on associe la richesse en ressources naturelles avec la pauvreté et le faible développement économique, on constate que les Etats ne gèrent pas bien leurs revenus des activités d’exploitation de ces richesses, n’ont pas de contrôle sur ces activités et que cela fait appel à la corruption, à l’instar des pays de l’Afrique subsaharienne et de l’Afrique du Nord. Et là, on parle de malédiction.

Qu’est-ce qui motive ces opérateurs à développer ces manœuvres de corruption ?

La plupart du temps, c’est le manque de transparence dans le secteur qui va laisser la porte ouverte à ces manœuvres. Car souvent les ressources naturelles ne sont pas toujours des taxes qui permettent un contrôle des citoyens, mais souvent, ce sont des accords entre l’Etat et des entreprises privées d’où le citoyen est tout simplement exclu. D’où, on peut imaginer une grande marge de manœuvre entre ces deux opérateurs qu’on estime propice à la corruption.

Pour la région du Maghreb, plus précisément la Tunisie, formulez-vous des remarques particulières ?

En Tunisie, la révolution a commencé dès 2008 quand les citoyens du bassin minier ont manifesté leur mécontentement de ne pas avoir leur part des ressources naturelles. L’un des problèmes est comment ces revenus sont gérés. Et le manque de transparence des contrats figure toujours parmi les revendications des citoyens, précisément au niveau des obligations du gouvernement et des entreprises contractantes.

Pensez-vous que l’indice de la gouvernance des ressources que vous avez conçu pourrait apporter quelque chose ?

Je pense que l’indice permet d’identifier des problèmes spécifiques de gouvernance, principalement de transparence et de redevabilité politique aux niveaux des entreprises de l’Etat, de recouvrement des recettes ou d’attribution des droits.

Mais dans ce cadre global, la Tunisie n’a pas encore signé l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Itie) ?

Actuellement, il y a 39 pays à travers le monde qui ont adopté la norme Itie. Certains, comme le Liberia, l’ont passé en loi nationale. La Tunisie a démontré son intention de se joindre à l’initiative, mais on attend plus de volonté pour que les choses se concrétisent. Et c’est là où les médias et la société civile jouent un rôle pour s’assurer que le gouvernement se conforme à leur intention de l’année dernière. La société civile joue, également, un rôle primordial dans le contrôle des données publiées et s’assurer que le gouvernement est vraiment responsable.

Source : La Presse

Auteur : R.M

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